Anathème sur un sentiment

Publié le par Charly...


Voici un premier article que j'avais écrit pour un atelier d'écriture, il y a bien longtemps. L'exercice consistait à écrire un texte en incluant des mots imposés :

ANATHEME SUR UN SENTIMENT

Je suis un rêveur-né.

Depuis toujours j’ai l’habitude de voir autre chose que ce qui est apparent. Devant une situation donnée, j’opte davantage pour présenter une explication basée sur de bonnes intentions que sur une malveillance induite par l’orgueil ou l’égoïsme.

On m’a pourtant prévenu plus d’une fois : « la vie n’est pas comme tu te l’imagines. A continuer de planer comme tu le fais, tu ne vois pas la réalité en face, et tu vas finir par te faire avoir comme un bleu. »

C’est vrai.

A l’école, déjà, je me faisais remarquer, sans le vouloir, par mon anti-conformisme inavoué. Je me souviens facilement de ces occasions où mes camarades se réunissaient dans la cour de récréation, pour se raconter des histoires sans queue ni tête, des blagues obscènes, ou des charades ridicules. J’avais beau me forcer à y prende part, ma sincérité s'y opposait. Alors ils finissaient par m’asséner une séance de chatouilles, histoire de me " décoincer ". Quand j’y repense, cette séance relevait davantage d’une torture doucereuse que d’un élan miséricordieux.

Qu’importe.

Aujourd’hui tout a changé...

Tout ? Vraiment ?

Il me suffit, cependant, d’entendre quelques notes d’un air nostalgique pour me replonger dans cette époque-là. Je dois être un peu masochiste quand même. Pourquoi ai-je besoin de ressortir mon vieux tourne-disque, et me repasser en boucle les tubes d’autrefois ?

Mais pour rêver bien sûr ! Repartir sur ma planète où je me sens bien. Seul peut être, mais bien. Dans mon monde, on n’a pas à doser tant que ça ses propres pulsions, comme pour paraître politiquement correct. Il suffit d’être soi même, naturel. L’homme, n’est-il pas naturellement bon ?

Vous comprenez maintenant, pourquoi mes tiroirs sont pleins à craquer. Au fil des années, j’ai accumulé un nombre incalculable de poèmes, de nouvelles, d’essais, d’idées gribouillées rapidement sur des morceaux de papier, au détour d’une pensée. Oui, mes rêves ont fait couler beaucoup d’encre. Il paraît que je fais bien. L’écriture est une forme de thérapie, une manière d’extérioriser ses besoins inconscients, de défaire tous les noeuds psychiques qu’on a laissés se former avec le temps.

Moi, je serais plutôt enclin à laisser faire la nature. Tel un zéphyr sur une terre brûlée, elle est capable de panser et d’aider la cicatrisation de toute souffrance, même si la guérison complète est improbable. Si j’écris, c’est par pur plaisir et rien d’autre.

Qui sait ce que nous réserve l’avenir.

Le présent, avec sa triste et cruelle réalité, a parfois un goût de vinaigre. Alors, tant que l’imagination ne me fait pas défaut, tous les voyages sont possibles. C’est ainsi qu’au sortir du tourniquet de mes folles pensées, je me vois, tour à tour, astronaute, pommiculteur, berger, peintre... toute reconversion est possible. A travers les tubulures de l’espace-temps, je m’évade. Oui, je refuse de donner du champ à cette sensation d’être à côté de la plaque !

Le 10/10/2006

Toute similitude avec des événements réels n'est que pure coïncidence...

Charly...

Publié dans Textes

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Commenter cet article

Satine 11/11/2008 10:13

Ah mais c'est le propre du poète et des grands écrivains, laisser son imagination vagabonder dans le passé ou l'avenir qu'on aurait souhaité... Il n'y a pas de mal à ça... Justement je trouve que c'est notre côté enfant qui se bat pour rester là et nous offrir plein de beaux moments.

Charly... 11/11/2008 22:19


Laisser vaguer son imagination, voilà ce que fait facilement un enfant. A partir d'un rien il se crée toute une aventure. Puissions-nous garder longtemps notre côté "enfant rêveur" pour qu'il nous
inspire de belles histoires.
Charly...


SAM 30/07/2008 13:05

Je me souviens de ce texte du temps où j'étais co-animatrice de EC. Un très bon texte où les mots imposés coulent tout seuls;

Charly... 21/08/2008 21:13


Ah, c'était donc toi la fameuse Myriam qui donnait des appréciations justes et que j'attendais avec impatience. Comme on se retrouve, le monde est petit. Content de te revoir. Tu as donc quitté EC
?
Charly...


LUCQUIAUD 19/05/2008 17:32

Superbe article qui fait de cette
confidence te concernant, une leçon de vie dont pourrait s'inspirer bien de nos
contemporains enlisés dans leurs affaires qu'ils estiment si existentielles ...
Certes moi aussi, j'ai ce côté rêveur et idéaliste  bien que parfois des
événements du monde me rebellent au point que j'ai à l'attention de certains
comportements malveillant et hideux, des pensées méchantes et donc négatives
...
 En prenant conscience de
ces lamentables états d’âme, je révise ma copie et me rallie à mon idéal qui me
fait dire que si le paradis n'est pas de ce monde, ce n'est pas une raison pour
en faire un enfer ... alors je retrouve paix et sérénité ...
J'ai répondu à ton commentaire à propos de mon dernier article ...
partiellement  car, il y aurait des pages à noircir sur un tel sujet ...
Oui j'expose là, quelques de mes
convictions en rapport avec un parcours de vie qui m'a fait côtoyer et vivre
auprès de personnes handicapées mentales et là, vois-tu Charly  ces personnes
te conduisent à te poser de
sacrées question …
A soi de trouver, alors, les
éléments qui permettent d'y répondre au fil du temps et au gré des rencontres... Bien amicalement.
 
Farfadet

Charly... 20/05/2008 04:58


Merci Farfadet d'avoir apprécié le texte.
Des aggressions, il y en a partout et de tout temps. Il y a parfois de quoi se sentir aigri, se rebeller. Je ne pense pas que ce soit la solution. La violence engendre la violence. Il est
préférable d'esquiver les coups dans la mesure du possible, ou alors de prendre congé.
Oui, je vois que nous avons un sacré échange sur ton blog. Les questions en jeu sont intéressantes, pour ne pas dire fondamentales. A travers tes réponses, j'y vois une philosophie, une façon
d'interpréter la vie. C'est bien imaginé.
On reste en contact Farfadet.
Charly...


Penny 18/05/2008 18:00

Bienvenue au club... Etre rêveur, tout bien considéré, c'est une belle force qui permet souvent de trouver un refuge dans la tempête. Vivre dans un monde merveilleux alimente l'humanité en possibles qui offrent une alternative à la dureté de l'existence.BisesPenny

Charly... 18/05/2008 18:29


Tout à fait d'accord.
Et pourquoi ton avis ne m'étonne-t-il pas de ta part ? On doit se ressembler quelque part... C'est peut-être pour ça aussi que j'apprécie ton blog.
J'y cours.
Charly...


pandora 18/05/2008 16:30

Je me retrouve énormément dans ce que tu dis (écris) Charly, même si l'écriture n'est pas entrée dans ma vie depuis très longtemps et que mes tiroirs ne sont donc pas pleins (mais le disque dur de mon ordi est plus rempli, lui ;-)).L'écriture m'a été une thérapie oh combien précieuse, et apparemment efficace, c'est devenu un besoin puis un plaisir nécessaire. Je regrette de moins avoir le temps de lire, mais écrire est actuellement pour moi un réel bonheur et j'espère que ça continuera longtemps.Et tant mieux si tes tiroirs sont pleins Charly, cela nous fera plein d'écrits à découvrir ;-)Bonne fin de WE . Pandora

Charly... 18/05/2008 16:58


Merci, ça me fait plaisir.
Je suis sûr qu'il y a de nombreuses personnes qui se reconnaîtront quelque part dans ce récit. Il met en relief une personnalité atypique, or beaucoup d'atypiques courent dans le monde. Parfois on
se sent seul alors qu'on ne l'est pas totalement, quelque part il y a aussi quelqu'un qui se croit seul.
Puisse cet outil informatique réunir ceux qui se sentent ainsi. Quand vous serez tous là, nous pourrons être seuls ensembles.
Ne t'arrête jamais d'écrire. Plus tard tu seras bien contente de te relire, de voir ton évolution, tes changements, ton parcours.
A tout de suite.
Charly...