Relève-toi

Publié le par Charly...


Qui n'est jamais tombé ? Qui n'est jamais retombé pour les mêmes raisons, sur le même obstacle, au même endroit, à cause de la même faiblesse ?

Au début, on est surpris. La chute nous prend au dépourvu. Une fois à terre, on met un instant à réaliser que l'on vient de se faire avoir. Etourderie ? Oh, sûrement. Mais tout de même, cela nous interpelle. « Je n'aurais pas dû trébucher... ». « Bon. Soit. Je ferai attention. »

Deuxième chute. On met un peu plus de temps à se relever. La surprise est plus grande. Faut-il y voir quelque chose ? Y aurait-il un message à comprendre ? L'étourderie n'est plus trop crédible. Il y a une autre raison. Allez, on se donne une autre chance.

Troisième chute. La colère pointe son nez. « Ce n'est pas possible, tu le fais exprès. » La réflexion s'intensifie. On ne se croyait pas aussi vulnérable sur ce terrain-là. « J'ai un problème là. Mince alors, je n'ai pas que ça à faire, mais il faut que je m'occupe de ce travers. » La conscience est sollicitée.

Quatrième chute. Les choses deviennent claires. « J'ai un problème. Vais-je pouvoir le résoudre, le surmonter. Pourquoi suis-je si faible ? Pourquoi ne puis-je pas faire attention ? C'est dans ma nature ? Je suis condamné à retomber souvent ? Bon je vais redoubler d'attention. »

Cinquième chute. Le désespoir s'installe. La conscience est troublée. « Je suis mauvais alors... je ne vaux pas grand chose ? Pourquoi lutter contre ce désespoir, s'il n'y a pas de solution... Je suis comme ça, on n'y peut rien. Personne ne peut me changer si je n'y arrive pas moi-même. » La lutte continue et devient une urgence à traiter.

Enième chute. Le doute s'installe définitivement. L'équililbre oscille entre courage et désespoir. Mais, suivant les jours, la balance penche dangereusement vers l'abandon. On est pétrifié. On se terre, abasourdi. On n'ose plus. Pour quelle raison allons-nous continuer la lutte ? C'est perdu d'avance...

MAIS...

Tant qu'il y a de la vie, il y a une raison de la continuer, cette lutte.

Les effort constants sont le reflet de notre détermination.

La victoire ne se trouve pas forcément là où on l'attend. Elle peut être perçue dans la perséverance.

Si l'on tombe une fois de plus, eh bien une fois de plus on peut se relever. A terre on est plus limité que debout.

Fatigué ? Alors du repos, mais on repartira.

Notre route ne s'arrête pas là où l'on est tombé, elle est longue, droite, et peut-être parsemée d'embûches, mais si elle se poursuit droit devant, alors nous y marcherons. On ne peut pas s'arrêter alors que la route continue.

Si les chutes sont une nouvelle facette de notre vie, se relever en est une aussi. A chaque recommencement il y a un nouvel espoir. Renoncer,  c'est la politique du lâche.

Mettons dans cette faiblesse tout ce que nous voudrons: ce travers contre lequel nous essayons de lutter depuis longtemps, cette habitude dont nous voulons nous débarrasser, cette tendance dont nous ne sommes pas fiers, ce réflexe à éliminer, ce courage à acquérir, etc...

Pour l'illustrer, je vous renvoie à un joli poème en prose (avec l'accord de l'auteur) : Un pas

Charly...


Publié dans Prose

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Satine 12/11/2008 19:12

Merci

Charly... 13/11/2008 11:06


Mais de rien.
Charly...


Satine 11/11/2008 10:09

Oui tu as raison, il ne faut pas se laisser abattre mais il ne faut pas non plus viser trop haut et se casser les dents pendant une longue période ce qui poserait après des problèmes de confiance en soi... Laisser du temps passer et revenir ce n'est pas mal non plus. Le tout c'est de ne pas sans cesse accuser les autres et accepter sa propre défaite pour en sortir grandi.Bisous

Charly... 11/11/2008 22:14


Tout à fait Satine. C'est un bon résumé qui pourrait servir de bande-annonce pour l'article. En sortir grandi, c'est en tirer son parti. Bien vu.
Charly...


SAM 02/08/2008 17:46

Il y a une citation qui dit " tomber 7 fois, se relever 8 ". Il paraît que c'est un truc bouddhiste. j'ai lu ça dans le livre de Philippe Labro du même titre;Un texte très intéressant Charly !

Charly... 22/08/2008 09:46


Oh, merci du compliment, je suis touché. Tu ne pouvais pas me faire plus plaisir.
Charly...


Ptitsa 27/05/2008 16:04

Comme promis, j'ai rajouté le lien en bas de mon article... Un vers chez toi et un vers l'article et ses commentaires.Juste retour d'hommage... ;)

Charly... 28/05/2008 11:37


Tu es bien aimable. Je t'en suis très reconnaissant.
Charly...


Méli-Mélo 20/05/2008 20:37

C'est fou ce que l'on projette de nous même dans nos lectures et c'est ma foi, fort instructif! En effet je ne pensais pas que tu parlais d'un trait de caractère déplaisant mais que c'était un propos beaucoup plus général. Instinctivement j' y ai vu renoncer à une ligne de vie, à un choix professionnel par exemple, ou à un amour, qui s'avère être impossible à ce moment de la vie... Renoncer dans ce cas là me semble salvateur. C'est une preuve de courage, se dire qu'il faut construire autre chose, que chaque être est une multitude de possibles qu'il s'agit alors de découvrir. Plutôt que de s'entêter sur une voie qui n'est que souffrance...Merci pour ta réponse et pour ton passage sur mon blog... Je m'abonne au tien et te mets dans mes liens.

Charly... 21/05/2008 15:44



Ravi de te retrouver.
Sans le vouloir nous avons fait fort chacun de notre côté ( allez, on peut se jeter quelques fleurs non ?): moi pour avoir écrit un texte suffisamment ouvert et toi pour l'avoir compris sous un
angle particulier...Que veux-tu quand les grands esprits se rencontrent... Bon, on arrête là les fleurs sinon nos têtes vont commencer à enfler, je sens déjà un légère tension sur mes tempes.
En repensant à ta façon de l'avoir interprété, je reconnais qu'il vaut mieux ne pas s'entêter. On ne peut forcer personne (supérieurs hiérarchiques, possible élu (e) de notre coeur), ni le cours
d'événements extérieurs qui seraient indépendants de notre volonté, à nous suivre dans nos objectifs. Arrive un moment où il faut savoir reconnaître une voie sans issue...
Et sache que ton blog m'intéresse beaucoup. J'y passe souvent.


Charly...