Critiques / Encouragements

Publié le par Charly...


Il est dans la nature humaine de subir l'influence de son entourage. Qu'on le veuille ou non, qu'on en soit conscient ou pas, l'impact qu'a sur nous ce que l'on voit, ce qu'on entend et surtout ce que l'on sent comme sentiment, comme émotion, comme intention chez les autres, cet impact-là est bien réel. Nous le subissons de plein fouet, bon gré, mal gré.


Lorsqu'il s'agit d'essuyer des critiques négatives, la tâche se révèle ardue. En effet, ces coups d'épée peuvent nous décourager, nous affaiblir, nous stopper net dans notre élan. Ces coups de massue s'accompagnent automatiquement d'une remise en question de nos actions et de leurs mobiles, des moyens d'expression utilisés, de la façon dont nos actes sont perçus. En outre, il n'est pas rare de voir monter du tréfonds de notre cœur, un vague sentiment de dépression. Oui, elles sont vraiment destructrices ces critiques et ce d'autant plus qu'elles émanent de notre propre entourage, de nos parents, de nos amis, de nos proches. Suivant notre degré de sensibilité, nous « encaisserons » le coup avec plus ou moins de philosophie. Dans les meilleurs cas, on pensera qu'on ne peut pas plaire à tout le monde, que chacun a sa personnalité et qu'on peut trouver à redire chez n'importe qui. Dans le pire des cas, ces critiques auront pour conséquences une diminution de l'estime de soi, une cessation plus ou moins totale de l'activité incriminée et d'une certaine distance établie avec la personne qui nous critique. Ne voulant plus risquer de subir ses « attaques », on s'en éloignera, au moins le temps de récupérer. Entre ces deux cas, on peut évoquer la possibilité d'utiliser ces remarques en se concentrant sur le fond, plutôt que sur la forme. N'y aurait-il pas un fond vérité que l'on pourrait exploiter à notre avantage, plutôt que de tout rejeter en bloc, sous prétexte qu'il ne tient aucun compte de nos sentiments ?

Ceci nous amène à réfléchir sur la façon dont nous pourrions exprimer un point de vue certes sincère, mais sans doute un peu crûment ce qui risquerait de blesser ou de froisser la personne à qui nous parlons. Nous oublions souvent de ménager les susceptibilités. L'excuse qui consiste à prétendre qu'au moins notre avis est des plus honnêtes, ne convaincra pas de sa légitimité. Il faut savoir y ajouter l'art et la manière. L'usage du tact est fortement recommandé. Il ne s'agit pas de frelater un message qui a lieu d'être donné mais de l'édulcorer avec les égards qui s'imposent et qui ne manqueront pas d'être perçus. La critique n'en sera que mieux accueillie, si tant est que nos bonnes intentions soient palpables et paraissent évidentes. Notre but est-il de «nous débarrasser d'une patate chaude » ou  celui d'apporter une appréciation ressentie sous un angle insoupçonné dont la personne aurait bien besoin pour se parer de meilleurs atouts ?


Il en va tout autrement lorsqu'on reçoit des encouragements. S'ils sont énoncés sous forme de constatations qui surprennent celui qui les donne, ils seront d'autant plus efficaces car ils apparaîtront comme une évidence qui a sauté aux yeux de cet observateur. De toute façon ils seront toujours les bienvenus. Ce sont des témoignages éloquents de l'approbation du compagnon. Ils ont pour merveilleux effet de redonner l'envie de poursuivre notre activité, d'aller plus loin dans sa réalisation, dans son perfectionnement. Ils redonnent le goût de faire des choses. On se sent davantage valorisé et apprécié. Ils redonnent confiance en nous. Ils renforcent, bâtissent, fortifient, redynamisent. Il n'y a que du positif à les recevoir.

Compte tenu de ce qui précède, posons-nous les questions suivantes: « quand était-ce la dernière fois que j'ai encouragé quelqu'un ? », « Pourrais-je prodiguer plus souvent des encouragements sincères et mérités ? », « Ou bien suis-je avare en compliments, ce qui traduirait une pointe de jalousie que j'essaye de dissimuler ? »


Une bonne parole fait beaucoup de bien à qui la reçoit, mais aussi à qui la donne généreusement. Il en découle des relations plus étroites. Alors, pourquoi hésiter plus longtemps ?


Charly...

Publié dans Charly

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Caroline.K. 31/03/2009 16:11

Encore moi Charly,Je rebondis sur cette idee de don, finalement je me demande si le don de soi existe vraiment, est ce qu'on ne pense pas un peu toujours a nous meme, meme lorsqu'on croit faire quelque chose pour les autres ? apres tout, les critiques qu'on a pas demande, comment peuvent elles vraiment nous aider, puisque a priori on est pas pres a les entendre. Enfin, je m'emmele un peu les pinceaux de nouveau. Encore un probleme d'equilibre, mais ca viendra. A bientot Charly

Charly... 04/04/2009 09:03


Intéressantes ces deux idées, Caroline. Lorsqu'on fait quelque chose pour les autres, quelque chose de vraiment désintéressé, avec laquelle on n'attend rien en retour, on a au moins la satisfaction
d'avoir agit pour le bien de l'autre. C'est peut-être ce sentiment de pleinitude, d'avoir agit pour l'autre, qui te fait dire qu'on pense un peu à nous-mêmes. On en retire un certain contentement,
c'est sûr. Quoi qu'on fasse pour les autres, on le fait aussi pour nous, histoire de nous montrer que l'on sait être altruiste aussi et notre conscience est en paix. Maintenant, est ce que les
critiques que l'on n'a pas demandées peuvent nous être utiles ? Je dirais que si on sait les entendre, oui. On n'est peut-être pas prêt à les recevoir, elles nous prennent souvent par surprise.
C'est ce qui rend difficile cette gifle sans main. D'où le besoin de prendre vite du recul afin de l'accepter plus facilement. Mais c'est plus facile à dire qu'à faire.
Charly...


Fethi 26/02/2009 14:42

Une bonne parole est un Don!Bonne journée

Charly... 27/02/2009 04:56


Tu veux sûrement dire un don de soi, que l'on fait à qui l'on s'adresse. C'est sûr !
Charly...


mamalilou 18/02/2009 00:47

C'est un sujet délicat...je pourrais commencer par une boutade "oh mais tu cherches le compliment!! ou je te dois un compliment en guise de bonne foi"...mais bon c'est un peu téléphoné...en fait après 27commentaires même si ça fait trop je dirai moi aussi que c'est très bien envisagé et analysé, le tout de façon très positive.le genre de remarque constructive qui met l'accent sur nos justement supposées avarice en compliment, hein, on est toujours si pressé, on ne parle que de ce qui va pas...soyons rationnel et économe...mais, en nous incitant à ne pas entrer dans ce schéma plutôt qu'en le mettant en exergue...c'est bien fait.on aimerait pouvoir suivre cet exemple tous les jours,..."dans le feu de l'action", parfois même "dans l'urgence"...combien de fâcheux rencontrons-nous, qui, sous couvert de vouloir bien faire, sous couvert de proximité, se permettent de négliger la forme ou de simplement délimiter le contexte d'application de la critiqueet de proposer au moins une solution de remplacement...parce que c'est pas tout de formuler une critique, encore faut-il être constructif derrière!!!après il ya le compliment...alors là...on en voit aussi de toutes les couleurs...les intéressés...les pour faire passer la pilule de la critique effroyable derrière selon le dosage 1/3 de critique, 2/3 de compliment...et puis les compliments convenus dont on sent qu'ils sont plus fait pour redorer le blason de celui qui le fait que pour mettre en valeur celui qui le reçoit...je sais, c'est un peu moins joli comme façon d'aborder le sujet...mais l'essentiel de ce qui est positif ayant été dit, je tenais à aborder aussi le travestissement des us...sitôt que l'innocence et la spontanéité s'en vont, le sens n'est plus le même...c'est pourquoi, même si je te suis plutôt deux fois qu'une sur le sujet, j'y mets un bémol, ...ne pas se forcer, ne pas chercher le compliment à faire qui ne s'impose pas de lui-même, et ne pas oublier qu'on complimente pour faire du bien à l'autre et non pour paraître quelqu'un de bien...un petit rien de vécu derrière tout cela, j'en conviens...merci encore pour ce billet si bien rédigé sur un sujet abordé de façon très constructive, c'est une démarche qui a ma prédilection et mon estime.(pour ce qu'elles valent, hein, restons humbles...lol)

Charly... 20/02/2009 06:38



Je reconnais bien là ton côté taquin qui n'est pas pour me déplaire, il faut bien le dire. Même après vingt sept commentaires, le tien
est toujours le bienvenu (surtout s'il est aussi élogieux, bien sûr).C'est vrai que ce qui ne va pas saute immédiatement aux yeux alors que les bonnes choses sont prises comme de l'acquis. Cela
prouve au moins que nous aimons ce qui va et sommes sensibles à ce qui ne va pas, puisqu'on le remarque comme quelque chose qui nous gêne. Tu l'as dit, il ne suffit pas de balancer une critique,
il faut ensuite savoir ce qu'on en fait, comment l'autre est supposé rebondir. En indiquant quelques pistes à suivre, on facilite l'acceptation. Tu as raison, même pour les compliments, il faut
savoir distinguer ceux qui sont sincères de ceux qui ont un but intéressé derrière une belle façade. C'est pourquoi, comme tu dis, ne forçons pas ce qui ne coule pas de source, il apparaîtrait
distortionné et mettrait le doute sur nos bonnes intentions. En tout cas, ton commentaire a un goût délicieux de compliment à l'exquise crème chantilly. Tu as embelli ma journée. Mais... restons
modestes et continuons à comprendre la vie. Merci pour tes venues, elles sont toujours bien appréciées.
Charly...


 








Jim Dante 17/02/2009 21:28

Pour les critiques, elles ne sont pas forcément négatives... Ensuite pour les négatives il faut savoir les accepter, détecter quel est leur niveau de justification (certaines sont parfois totalement injustifiées), la remise en question est saine en général, de là à abandonner... A chacun sa façon de réagir, la meilleure étant de chercher à s'améliorer à partir de ces critiques (en admettant qu'elles soient constructives). Je sais par exemple qu'il y a des personnes que je connais bien et qui peuvent me critiquer sans prendre de pincettes (et inversement) parce que nous nous connaissons bien et que la critique n'est émise que dans un but de construction plutôt que de destruction...Pour les encouragements, le plus dur est ensuite de ne pas se reposer dessus, quant à des encouragements, l'important c'est vraiment qu'ils soient sincères... On peut d'ailleurs en faire des sincères en gardant une part de jalousie, c'est humain... De cette jalousie on peut la transformer en une émulation...

Charly... 18/02/2009 08:38


Tu as raison, utilisons les remarques pour les voir comme le reflet d'un miroir virtuel pour autant que nous puissions "détecter leur niveau de justification", comme tu dis. Le but final étant
l'amélioration, il convient de s'assurer du bien-fondé de ladite remarque. Maintenant la complicité facilité beaucoup ces échanges. On n'a plus besoin de prendre des "pincettes", on va directement
à l'essentiel. C'est un des grands avantages de ces bonnes relations cultivées au fil du temps. Bien vu le fait de transformer la pointe de jalousie en émulation. Ainsi on reste constructif et
positif. Tu l'as dit, faudrait pas s'endormir sur ses lauriers.
Charly...


fELIX 12/02/2009 15:23

Ta reponse appelle egalement une reponse.Moi aussi je fais comme toi , comme je peux , mais j'ai une facheuse tendance a la susceptibilité  , surtout pour des critiques mal placées ! (je me soigne ...! ) Je prends sans doute trop a coeur les critiques negatives, alors que j'accepte bien volontiers les positives. Il faudrait etre tellement "posé" pour tout accepter avec une egale humeur, que je me rends compte du travail à faire encore ( et pourtant je me suis ammelioré , donc tu imagines de quoi je suis parti  ............ )  C'est normal Docteur ? 

Charly... 13/02/2009 05:26


Je comprends cette tendance à la suceptibilité. Sans le vouloir forcément, on peut se surprendre à voir les choses de façon négative, ce qui peut nous jouer des tours à notre insu. C'est peut-être
dû à l'impression que l'on n'est pas aimé comme on le conçoit. Il y a une attente sans cesse différée, qui n'est pas satisfaite et la moindre remarque à double tranchant nous attire immédiatement
vers le négatif. Tu l'as dit, je crois que ça se soigne à force de raisonnements peut-être. Et en devenant moins sensible aussi. Je crois que nous avons tous un parcours plus ou moins cahotique et
donc des démons d'enfance contre lesquels il nous faut lutter. Adulte, on acquiert une capacité de réflexion qui nous permet de nous raisonner et de voir, comme tu dis, combien nous nous sommes
égarés du droit chemin de la sérénité, de notre véritable personnalité. Nous avons alors tout un travail à fournir pour nous retrouver sur ce qui fait notre propre voie, dégagée de toute mauvaise
influence inconsciente que nous avons subies depuis bien longtemps. Ne t'inquiète pas cher confrère, c'est assez normal et, en tout cas, commun à tout humain né en ce monde de fous. Alors bon
courage à toi, à nous. Tu vas réussir, j'en suis sûr ! Tu as déjà fait du bon chemin non ? Pourquoi t'arrêter là ?
Charly...