« Avoir ou ne pas avoir ? », telle pourrait être une variante d'une fameuse tirade qui a été citée des millions de fois. Est-ce que le fait de posséder des biens, des choses matérielles, des avantages, sans parler des nécessités basiques de la vie, est gage de satisfaction, de réussite, de bonheur ? Nous parlons, bien sûr, de choses dont on pourrait bien se passer mais qui sont devenues tellement courantes que lorsque nous ne les avons pas, nous avons une vague impression d'inachevé, de manque, de vide, de désarroi. Nous sommes prêts à reconnaître que ce serait du luxe – oh, un bien modeste luxe, convenons-en – mais tout de même ! Dans nos sociétés de consommation, ne pas pouvoir disposer d'articles ou d'avantages que tout le monde possède finit par titiller quelque chose en nous. Un arrière-goût de sentiment d'injustice peut-être.
Peut-être, mais tout dépend de ce dont nous parlons ! Alors prenons des exemples concrets. Commençons par ce que nous avons entre les mains: l'ordinateur. Qui n'a pas eu une panne au moment où il s'y attendait le moins ? Et comment nous sommes-nous sentis à ce moment-là ? Un peu désemparés, déçus, vaguement en colère (ah, ce n'était pas le moment !), frustrés, impuissants ? Résolus à y remédier mais définitivement résignés, nous n'avions pas le choix. Au bout d'un instant, on se ramasse et on réoriente nos activités vers d'autres occupations, avec ce sentiment étrange d'avoir été brutalement coupé du monde. L'ordinateur serait-il devenu indispensable dans nos vies ?
Autre exemple, la voiture. Objet ô combien utile pour certains vus les déplacements obligatoires qu'ils sont amenés à faire. Rappelons-nous la dernière fois qu'elle est tombée en panne, notre belle voiture, notre amie. Frustration ? Désarroi ? Le ciel qui nous tombe sur la tête ? Il a bien fallu s'arranger autrement pour s'en passer, tout en espérant qu'elle sera remise en route très rapidement. La voiture, est-elle devenue indispensable ?
On pourrait citer nombre d'objets de la vie courante que l'on possède sans y prêter la moindre attention. La télévision, le vidéo, le téléphone portable, mais aussi le lave-linge, le lave-vaisselle, le réfrigérateur, le four à micro-ondes, la ligne téléphonique, l'électricité/le gaz, les canalisations qui fuient ou qui sont bouchées, etc...
Oserai-je finir cette liste interminable par un avantage que ne possède pas tout le monde et qui donc fait cruellement défaut à de (trop) nombreuses personnes (bien que certaines s'en passent très bien) ? Je veux parler de l'âme soeur. Que l'on soit pour le mariage ou pas forcément, il est naturel de désirer ardemment avoir son âme soeur près de soi. Je ne m'étendrai pas sur les avantages ni sur les inconvénients (eh oui, aux dires de certains, il y en a !) de l'avoir trouvée, je risquerai de mettre le doigt sur certaines souffrances latentes. Mais je terminerai en évoquant, pour tenter d'être complet sur le sujet, alors que la liste n'est pas du tout exhaustive, la perte d'un être aimé, conjoint ou proche.
Avoir, avoir bientôt, ne pas avoir, ne plus avoir, avoir eu ou ne jamais avoir eu, voilà autant de circonstances qui suscitent bien des émotions, qu'elles soient positives, négatives ou plates. La réflexion du jour, vous l'aurez compris, porte sur l'influence que peut avoir sur nous, la possession ou la non possession, la perte ou l'acquisition de choses (au sens large du terme) dont nous sommes devenus dépendants.
Puisque le texte est placé sous la rubrique « vidéo », je vous renvoie, avec l'accord de l'auteur, à une histoire sans parole de quelques minutes qui est agrémentée d'un commentaire intéressant, juste sous la vidéo. Son titre : l'âme seule.
Charly...
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