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Proverbes & Citations

A vivre, on apprend toujours quelque chose.
(Proverbe français)

***

Il est toujours avantageux
de porter un titre nobiliaire.
Etre de quelque chose, ça pose un homme,
comme être de garenne, ça pose un lapin.

(Alphonse Allais)

***


Jeudi 22 mai 2008

Parmi les aventures de la vie dont on se souvient avec le plus d'admiration, avec une tendresse inconditionnelle, une approbation catégorique et incontestable, il y a l'époque merveilleuse où l'on tombe amoureux.

Vous rappelez-vous ce moment, cette époque bénie ? Fermez les yeux et faites un retour dans le passé.

Que ressent-on quand on est amoureux ? Tout et rien à la fois. Notre corps frétille, il est en ébullition, tout léger. On ne sent rien de gênant. On est, comme qui dirait, anesthésié. On flotte dans l'air sans ressentir la moindre difficulté pour quoi que ce soit. Les choses qui, jusque là étaient gênantes, prennent soudain une autre proportion et sont désormais, ô combien surmontables.

L'univers est changé, on est transporté dans une autre dimension où le merveilleux se savoure à chaque seconde. Le monde qui nous entoure n'existe pas comme d'habitude, on ne le perçoit pas de la même façon. Tout nous paraît beau. Le moindre détail vient apporter sa touche au bonheur qui déjà nous a envahi. Ce qui paraissait banal avant, prend maintenant une autre saveur. Même le train-train quotidien devient source de nombreux moments de bonheur, de nouvelles raisons d'être heureux.

On se sent important, aimé, admiré. Et on fait tout pour s'en montrer digne bien sûr. On se présente sous son meilleur jour. Ce qui compte, c'est de plaire, de renforcer cette admiration qu'on nous porte, en se surpassant. On sent que l'être aimé a besoin de nous et l'on est on ne peut plus disponible. Il devient notre priorité. Maintenant on ne vit que pour lui. On ne veut être qu'avec lui. Les circonstances - c'est curieux - viennent contribuer à la joie de ce rapprochement et le justifier.

Mais remontons encore plus loin, tout au début. Le meilleur moment, quel est-il ? Oh, peut-être celui où l'on ne s'est pas encore engagé, ou même déclaré. Là tout est à construire. Tous les silences sont synonymes d'intérêts non avoués, d'amour. Ils ouvrent la porte à des tas d'espoirs pour l'avenir. On entrevoit avec une certaine délectation tout ce que pourrait être la vie future. En un instant, on se projette loin, très loin dans la vie. Le reste du chemin n'est que délice... plus de soucis.

Avec le peu que l'on sait de l'autre, on imagine qu'il serait comme ci, qu'il réagirait comme ça, pour notre plus grand plaisir. On est déjà tout acquis à cette nouvelle voie. Alors on se dit sans hésiter: ça y est, on a enfin trouver Le Bonheur !

On a alors tant à partager... pour l'émerveiller encore, de tout ce qu'on a, de tout ce qu'on sait. Et le rendre heureux encore et encore...

Charly...


par Charly... publié dans : Charly
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Mercredi 21 mai 2008


Dans mon tiroir j'ai balancé six paires de chaussettes blanches, sept paires de chaussettes rouges et huit paires de chaussettes bleues, toutes en vrac. Et alors, ça vous arrive jamais ? Je n'avais pas eu le temps de les ranger correctement, pressé que j'étais d'écrire un billet.
Toujours aussi préssé, je n'ai pas allumé la lumière, et j'ai foncé vers la commode, sans me cogner, c'est fort non ?
J'ai dû prendre en aveugle une chaussette à la fois . Mais comment être sûr d'avoir une paire assortie ?

Combien devrais-je prendre de chaussettes pour avoir, au moins, une paire de chaussettes de la même couleur ? Je vous rappelle que  je suis dans le noir...

Charly le maniaque...


par Charly... publié dans : Enigmes & devinettes
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Mardi 20 mai 2008

"Si" et "Quand" étant plantés, il poussa "Rien".

  
Proverbe de Turquie


L'effort que l'on déploie à faire des hypothèses sans fin ne donne rien de concret et peut devenir frustrant, épuisant. Autant employer son énergie à faire avancer les choses par des actions réelles.

Si un premier temps de réflexions, de planifications est nécessaire, dans un deuxième temps, il faut passer à l'action. Cette deuxième étape est peut-être plus difficile, elle nous sollicite réellement. Mais elle sera la concrétisation de ce qui fut envisagé. La joie de voir réalisée la tâche prévue effacera les efforts que l'on a dû fournir sans trop d'envie.

Charly...
par Charly... publié dans : Proverbes
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Lundi 19 mai 2008

Qui n'est jamais tombé ? Qui n'est jamais retombé pour les mêmes raisons, sur le même obstacle, au même endroit, à cause de la même faiblesse ?

Au début, on est surpris. La chute nous prend au dépourvu. Une fois à terre, on met un instant à réaliser que l'on vient de se faire avoir. Etourderie ? Oh, sûrement. Mais tout de même, cela nous interpelle. « Je n'aurais pas dû trébucher... ». « Bon. Soit. Je ferai attention. »

Deuxième chute. On met un peu plus de temps à se relever. La surprise est plus grande. Faut-il y voir quelque chose ? Y aurait-il un message à comprendre ? L'étourderie n'est plus trop crédible. Il y a une autre raison. Allez, on se donne une autre chance.

Troisième chute. La colère pointe son nez. « Ce n'est pas possible, tu le fais exprès. » La réflexion s'intensifie. On ne se croyait pas aussi vulnérable sur ce terrain-là. « J'ai un problème là. Mince alors, je n'ai pas que ça à faire, mais il faut que je m'occupe de ce travers. » La conscience est sollicitée.

Quatrième chute. Les choses deviennent claires. « J'ai un problème. Vais-je pouvoir le résoudre, le surmonter. Pourquoi suis-je si faible ? Pourquoi ne puis-je pas faire attention ? C'est dans ma nature ? Je suis condamné à retomber souvent ? Bon je vais redoubler d'attention. »

Cinquième chute. Le désespoir s'installe. La conscience est troublée. « Je suis mauvais alors... je ne vaux pas grand chose ? Pourquoi lutter contre ce désespoir, s'il n'y a pas de solution... Je suis comme ça, on n'y peut rien. Personne ne peut me changer si je n'y arrive pas moi-même. » La lutte continue et devient une urgence à traiter.

Enième chute. Le doute s'installe définitivement. L'équililbre oscille entre courage et désespoir. Mais, suivant les jours, la balance penche dangereusement vers l'abandon. On est pétrifié. On se terre, abasourdi. On n'ose plus. Pour quelle raison allons-nous continuer la lutte ? C'est perdu d'avance...

MAIS...

Tant qu'il y a de la vie, il y a une raison de la continuer, cette lutte.

Les effort constants sont le reflet de notre détermination.

La victoire ne se trouve pas forcément là où on l'attend. Elle peut être perçue dans la perséverance.

Si l'on tombe une fois de plus, eh bien une fois de plus on peut se relever. A terre on est plus limité que debout.

Fatigué ? Alors du repos, mais on repartira.

Notre route ne s'arrête pas là où l'on est tombé, elle est longue, droite, et peut-être parsemée d'embûches, mais si elle se poursuit droit devant, alors nous y marcherons. On ne peut pas s'arrêter alors que la route continue.

Si les chutes sont une nouvelles facette de notre vie, se relever en est une aussi. A chaque recommencement il y a un nouvel espoir. Renoncer,  c'est la politique du lâche.

Mettons dans cette faiblesse tout ce que nous voudrons: ce travers contre lequel nous essayons de lutter depuis longtemps, cette habitude dont nous voulons nous débarrasser, cette tendance dont nous ne sommes pas fiers, ce réflexe à éliminer, ce courage à acquérir, etc...

Pour l'illustrer, je vous renvoie à un joli poème en prose (avec l'accord de l'auteur) : Un pas

Charly...


par Charly... publié dans : Prose
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Dimanche 18 mai 2008

Voici un premier article que j'avais écrit pour un atelier d'écriture, il y a bien longtemps. L'exercice consistait à écrire un texte en incluant des mots imposés :

ANATHEME SUR UN SENTIMENT

Je suis un rêveur-né.

Depuis toujours j’ai l’habitude de voir autre chose que ce qui est apparent. Devant une situation donnée, j’opte davantage pour présenter une explication basée sur de bonnes intentions que sur une malveillance induite par l’orgueil ou l’égoïsme.

On m’a pourtant prévenu plus d’une fois : « la vie n’est pas comme tu te l’imagines. A continuer de planer comme tu le fais, tu ne vois pas la réalité en face, et tu vas finir par te faire avoir comme un bleu. »

C’est vrai.

A l’école, déjà, je me faisais remarquer, sans le vouloir, par mon anti-conformisme inavoué. Je me souviens facilement de ces occasions où mes camarades se réunissaient dans la cour de récréation, pour se raconter des histoires sans queue ni tête, des blagues obscènes, ou des charades ridicules. J’avais beau me forcer à y prende part, ma sincérité s'y opposait. Alors ils finissaient par m’asséner une séance de chatouilles, histoire de me " décoincer ". Quand j’y repense, cette séance relevait davantage d’une torture doucereuse que d’un élan miséricordieux.

Qu’importe.

Aujourd’hui tout a changé...

Tout ? Vraiment ?

Il me suffit, cependant, d’entendre quelques notes d’un air nostalgique pour me replonger dans cette époque-là. Je dois être un peu masochiste quand même. Pourquoi ai-je besoin de ressortir mon vieux tourne-disque, et me repasser en boucle les tubes d’autrefois ?

Mais pour rêver bien sûr ! Repartir sur ma planète où je me sens bien. Seul peut être, mais bien. Dans mon monde, on n’a pas à doser tant que ça ses propres pulsions, comme pour paraître politiquement correct. Il suffit d’être soi même, naturel. L’homme, n’est-il pas naturellement bon ?

Vous comprenez maintenant, pourquoi mes tiroirs sont pleins à craquer. Au fil des années, j’ai accumulé un nombre incalculable de poèmes, de nouvelles, d’essais, d’idées gribouillées rapidement sur des morceaux de papier, au détour d’une pensée. Oui, mes rêves ont fait couler beaucoup d’encre. Il paraît que je fais bien. L’écriture est une forme de thérapie, une manière d’extérioriser ses besoins inconscients, de défaire tous les noeuds psychiques qu’on a laissés se former avec le temps.

Moi, je serais plutôt enclin à laisser faire la nature. Tel un zéphyr sur une terre brûlée, elle est capable de panser et d’aider la cicatrisation de toute souffrance, même si la guérison complète est improbable. Si j’écris, c’est par pur plaisir et rien d’autre.

Qui sait ce que nous réserve l’avenir.

Le présent, avec sa triste et cruelle réalité, a parfois un goût de vinaigre. Alors, tant que l’imagination ne me fait pas défaut, tous les voyages sont possibles. C’est ainsi qu’au sortir du tourniquet de mes folles pensées, je me vois, tour à tour, astronaute, pommiculteur, berger, peintre... toute reconversion est possible. A travers les tubulures de l’espace-temps, je m’évade. Oui, je refuse de donner du champ à cette sensation d’être à côté de la plaque !

Le 10/10/2006

Toute similitude avec des événements réels n'est que pure coïncidence...

Charly...

par Charly... publié dans : Textes
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Samedi 17 mai 2008


"La hausse du pétrole entraîne des inquiétudes chez les handicapés moteurs."

Coluche


Un humour à la Coluche, à la limite du raisonnable. N'y voyons que le jeu de mot. A prendre donc au second degré.

D'un autre côté, la hausse du pétrole pourrait facilement entrainer l'apparition d'handicapés... du moteur, du moins en ce qui concerne les moteurs qui dépendent directement des produits dérivés de l'or noir.

Et si l'on retournait à l'utilisation des chevaux ?

Charly...


par Charly... publié dans : Humour
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Vendredi 16 mai 2008

Voici un joli poème, écrit dans la pure tradition du style poétique, il m'a fait revenir à mes années de primaire.

L'aventure est simple, bien contée et la leçon facilement appliquable.
Je ne peux m'empêcher de penser que, parfois, le hasard fait bien les choses en ce qui concerne les rencontres. Que de belles histoires ont commencé par un contact fortuit. On entend souvent : «  tu te rappelles comment on s'est connu ? C'est drôle quand même... ».

D'un autre côté quand on 'force' la chance, quand on met plusieurs atouts de son côté, il n'est pas surprenant qu'à la fin on obtienne ce que l'on cherche.

Je suis sûr que vous apprécierez : La Tanche et le saumon (avec l'accord de l'auteur).

 


Charly...

par Charly... publié dans : Poèsie
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Jeudi 15 mai 2008

"Le bonheur est salutaire pour les corps
,
mais c’est le chagrin qui développe les forces de l’esprit.
"

Marcel Proust

On conçoit facilement que le chagrin soit une frustration, un déséquilibre. On est triste parce qu'il nous manque quelque chose. On se sent impuissant. On n'a plus qu'à subir, endurer et composer avec, ou plutôt sans.
Pour compenser, plusieurs systèmes de défense psychologique se mettent en place. Le résultat est que l'on se construit une carapace sous laquelle on se retrouve, on se console soi-même, on va vite chercher des raisons convainquantes pour ne pas insister et y trouver, malgré tout, notre compte. Il en ressort également une certaine détermination à ne pas se laisser avoir à l'avenir. On essaye de jauger de la réelle utilité de la chose convoitée, refusée ou inaccessible.
Toute ces réactions visent un but: nous protéger d'une souffrance chronique. On comprend qu'il s'agit de réagir avant tout avec la raison afin de retrouver un semblant d'équilibre dans notre moral et poursuivre notre chemin la tête relevée, un sourire aux lèvres, où la résignation va en s'éffaçant.
C'est en cela que les forces de l'esprit sont sollicitées et amenées à se développer.
Le monde, dans lequel nous vivons, nous présente notre lot de chagrin sans qu'on le lui demande. Il serait donc stupide d'aller en chercher dans un but quelconque d'entrainement, de perfectionnement ou de blindage. Le chemin cahotique de la vie s'en chargera.
Faisons tout pour retrouver au plus vite notre bonne humeur, sans nous laisser dépasser par une mauvaise passe.

Charly...
par Charly... publié dans : Citations
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Mercredi 14 mai 2008
 


"Le bonheur est salutaire pour les corps,
mais c’est le chagrin qui développe les forces de l’esprit.
"


Marcel Proust

C'est évident qu'être heureux a une répercution immédiate sur l'organisme. C'est l'effet psychosomatique positif. Lorsqu'on ressent de la joie pour un événement particulier, on sent notre corps parcouru de frissons l'espace d'un instant. Il semble même se soulever lors d'une inspiration.

Rappelons-nous la dernière fois que l'on nous a annoncé une bonne nouvelle, suffisamment percutante pour donner une nouvelle orientation à notre vie. Cela a pu être un joli commentaire qui nous a fait découvrir que nous étions appréciés pour ce que nous sommes ou ce que nous faisons, l'accord d'une banque pour un crédit en vue de l'achat d'une maison, une mutation tant attendue, une future naissance quelques neuf mois plus tard, l'acceptation d'un empoi en CDI, et bien d'autres encore. Allez j'ajouterai le moment où l'on est accepté dans une relation amoureuse et, bien sûr, une demande en mariage duement formulée ou joyeusement acceptée.

Qu'avons-nous ressenti à ce moment-là précisément ? Quelque chose comme une explosion intérieure, un élan dynamique, une pulsion incontrôlable... En tout cas le corps en a reçu tous les bénéfices.

Comment exploiter cette leçon ?

On aurait tendance à penser que la joie est la conséquence d'événements heureux qui nous arrivent. Est-ce à dire que nous allons attendre qu'une prochaine bonne nouvelle nous ranime l'âme ? Et si elle met longtemps à venir, allons-nous nous priver de cet effet salutaire pour le moral et pour le corps ? Ce serait bien dommage.

Qu'avons-nous ressenti en lisant la petite liste sus-mentionnée, non exaustive, de ces moments privilégiés de grands bonheurs ? Oui, en quelques instants, nous nous sommes surpris à les revivre. Un frisson a parcouru notre organisme. Nous avons souri involontairement : il est déjà là l'effet !

Nous pouvons en déduire que le bien que nous pouvons nous faire est à portée de main. N'attendons pas. Revivons régulièrement quelques-uns de ces instants passés où notre corps a frémi d'allégresse. Pour les plus audacieux: inventons-en, imaginons-en, de ces moments magiques. Notre corps nous le rendra bien.

Incroyable non, cette force de l'esprit ?

Demain, nous commenterons la deuxième partie de la citation.

Charly...




par Charly... publié dans : Citations
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Mardi 13 mai 2008

Scientifiquement, la vue est celui des cinq sens qui nous apporte le plus de renseignement à la seconde. Voilà qui explique pourquoi nous en faisons bien volontiers, l'un des plus précieux que nous possédons. Il faut reconnaître que c'est un moyen très pratique pour découvrir le monde qui nous entoure. Il n'est pas indispensable à la vie, mais il la rend nettement plus agréable. Source d'enrichissements, d'émerveillements, d'apprentissages, de plaisirs, de curiosités parfois avec les "illusions d'optique", il est difficile de penser qu'on puisse choisir de ne pas regarder ce qui est à portée de vue - sauf dans le cas évident où il y a impossibilité physique. Et pourtant...

Je veux bien croire que la vue nous joue des tours parfois.

Avez-vous remarqué que lorsqu'on entend quelqu'un parler sans le regarder, on s'en fait une idée mentalement. Plus on l'écoute, plus cette image s'affine grâce aux nouveaux détails que l'on perçoit. Au bout d'un moment, on a en tête une représentation plus ou moins claire de la personne.

J'oserai dire que cette construction est le fruit inconscient de l'état de notre psychisme. Comme chaque personne est différente, chacun a sa propre représentation mentale. On peut toujours s'amuser à les comparer, on trouvera facilement des différences entres les unes et les autres.

Cet exercice est bien connu des lecteurs. En lisant un récit quelconque, on se fait, sans en être conscient, une visualisation mentale de la scène, des lieux, des couleurs, de l'ambiance. Si le texte est détaillé, l'imagination est aidée, dirigée. Si, au contraire, les descriptions sont succintes ou le tableau grossièrement brossé, notre imagination, elle, ne s'en contente pas et comble ce manque automatiquement, rajoutant à son gré des détails qu'elle invente.

Mais revenons à l'exemple le plus frappant : le contact humain.

Prêtez attention à l'expérience que l'on fait tous les jours. Lorsqu'on parle au téléphone avec une personne que l'on n'a jamais vue, suivant sa façon de parler, sa façon de réagir, ses intonnations, le choix de ses mots etc... on s'en fait une certaine image. Plus on aura de contact avec cette personne, plus la relation évoluera, devenant suivant les cas, plus sympathique, familière ou complice (dans le meilleur des cas), intimidante voire sans intérêt (dans le pire des cas), ou bien entre ces deux extrêmes, cordiale et respectueuse.

Maintenant arrive le moment où l'on a l'occasion de rencontrer cette personne, et donc de la voir. Eh bien, on est souvent surpris, agréablement ou pas. En tout cas il y a fort à parier que la réalité soit différente de ce qu'on pensait. Par la suite, la relation se reconstruira ou se complètera parce qu'elle sera influencée par la vue.

Tout ceci s'expérimente également à travers l'écriture. Cette forme d'expression a l'avantage d'être réfléchie, donc elle gagne en justesse ce qu'elle perd en spontaneité. Dans l'expérience qui nous intéresse cela se traduit par une différence entre la personne imaginée à travers ses écrits et celle que l'on découvrira en direct au téléphone par exemple, et qui sera, à son tour, différente de celle que l'on verra face à face.

L'inverse est aussi vérifié. Quand j'étais petit, j'observais les gens de loin en attendant près du caddie, au supermarché. Je les voyais bouger, parler, mais je ne les entendais pas. Lorsque je passais à côté j'avais un complément d'information: les voix, les intonnations... et les pesonnes me paraissaient autres.Il en est de même lorsqu'on est devant la photographie de quelqu'un. On s'imagine qu'il est d'une certaine manière et l'on est surpris de le découvrir légèrement différent à l'occasion d'une rencontre.

Et tout ça pour en venir à quoi ?

Eh bien au choix que j'ai mentionné au début. Choisir - du moins pendant un certain temps et dans certains cas - de ne pas regarder ce qui est à portée de vue afin de garder l'image que l'on en a. Ne pas permettre ainsi à la vue d'influencer notre appréciation et, par conséquent, notre relation. Dès lors, la personne reste dans notre esprit celle que nous imaginons. Elle est telle que nous voulons , inconsciemment, nous représenter.

Charly...


par Charly... publié dans : Charly
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"Il n'y a pas plus aveugle que celui qui ne veut pas voir".

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